dimanche 25 novembre 2007

Ingenierie de la connaissance (2)

2- Connaissance-

Passons à la connaissance, que pouvons-nous en dire ?

- Elle est multiforme : à première vue, c’est à la fois un stock de méthodes (lire un document, effectuer une opération arithmétique, changer une ampoule, saluer quelqu’un …), d’heuristiques (des quêtes en réponse à des situations-problèmes) pour répondre à des situations d’incertitudes, d’attitudes (je me calme, me concentre et réfléchis, je me sauve, je me bats, …) et de faits ou d’objets (réels ou intellectuels : Marignan = 1515, le plan de ma maison, la dernière idée du dernier bouquin de X ou Y…).

- Une connaissance, c’est ce que j’ai intégré en mémoire, sous des formes variées et appropriées. Ce ne sont pas des « choses », abstraites ou concrètes, qui sont mémorisées mais mes activités et leurs effets : les comportements que j’ai mis en œuvre et leurs résultats, gratifiants ou non.

- Une connaissance n’est jamais figée, sinon, passé un certain temps, elle s’oublie. Elle se régénère, se réorganise et s’enrichit perpétuellement en intégrant de nouvelles informations. Je connais Paul (ou Albert), mais cette connaissance va s’enrichir de chaque nouvelle rencontre, à chaque fois que quelqu’un me parlera de lui. Sans ces rencontres, je vais peu à peu l’oublier. Il en est de même pour tout concept abstrait.

- Une connaissance est reconstruite chaque fois qu’on la réactive, et elle peut être reconstruite de différentes manières. Sinon, je n’aurai pas besoin de « réfléchir » pour donner sens à une information et je ne me remémore pas de la même manière le mot « pain » lorsqu’il faut le mettre à table (et que je m’inquiète alors de sa qualité) ou lorsque j’en achète un (où là c’est son prix qui me viendra spontanément à l’esprit).

- Une connaissance est ce qui me permet d’agir vite et efficacement dans des situations ou des problèmes que je peux rencontrer sans avoir, à chaque fois, à tout redécouvrir.

Retenons qu’une information est un évènement extérieur alors que la connaissance est une fabrication intérieure. Le processus de connaissance part d’une perception extérieure pour s’intérioriser sous forme symbolique et « ressortir » lorsque j’ai à agir, lorsque j’en ai besoin.

Une connaissance n’est donc pas la transcription de la réalité mais une représentation de la réalité avant tout contingente des activités mises en œuvre et de leur résultat, tel que subjectivement vécu, pour l’individu.
La connaissance n’est pas une découverte du monde mais une création intrinsèquement singulière.

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