vendredi 23 novembre 2007

Ingénierie de la connaissance (1)

Voici, en plusieurs épisodes, le contenu de la conférence du mercredi 21 novembre sur l'Ingénierie de la connaissance.
Ecrivez-nous si vous souhaitez recevoir le polycop en entier (.pdf).


Au-delà du titre un peu pompeux, la question à laquelle j’essaierai de répondre est : « Que se passe-t-il lorsque nous mémorisons un évènement ou une « chose », lorsque nous transformons une information en connaissance ? ». Et, bien entendu, cela nous mènera à aborder ces points dans le contexte de l’éducation et de l’enseignement.

1- Information-

Mais d’abord, qu’est ce qu’une information ? Examinons-la à partir d’un exemple ultra-dépouillé.
Je suis seul dans ma chambre, dans le silence de la nuit et un craquement se produit. Que peut-il se passer à partir de là ? Trois possibilités:

1- Je dors et je ne l’entends pas. Pour moi, ce n’est donc pas une information puisque je ne l’ai pas perçue.
2- Je l’entends mais je n’y fais pas attention car les craquements sont fréquents dans cette maison. Ce n’est donc pas une information, mais un bruit supplémentaire parmi ceux dans lesquels je baigne.
3- Je l’entends. Ce fait inhabituel devient une information et, à partir de là :
  • J’essaie de l’identifier, et de voir de quoi et d’où elle provient.
  • Fonction de cette analyse, je me tourne de l’autre côté et je me rendors ou bien j’allume la lumière, je me lève et je vais voir de quoi il retourne.
  • Une fois le craquement plus précisément identifié et localisé, soit je prends mon fusil (si j’en ai un) ou j’appelle les pompiers, ou je mets en place une réponse appropriée, ou alors, je retourne me coucher après avoir regardé y compris sous les lits, en me promettant d’acheter de la mort aux rats dès demain matin.
  • Dans certains cas limites, le fait de ne pas reconnaître ce craquement, surtout s’il est fort, peut me conduire à la panique, voire à une vraie paralysie.
Que pouvons-nous dire sur la nature de l’information à partir de cet exemple ?

- L’information est un évènement improbable, statistiquement rare.
- L’information est un évènement subjectivement perçu qui m’est extérieur.. Elle n’existe en tant que telle que si je la perçois.
- Une information comporte donc toujours au départ une marge d’incertitudes et enclenche, si elle est perçue, une quête de signification et de sens. Sinon, c’est un signal qui déclenche automatiquement un comportement.
- L’information va déclencher des activités intellectuelles et/ou physiques, chez celui qui la reçoit. G. Bateson disait qu’une information est une différence (perçue de mon environnement) qui va déclencher d’autres différences (dans mon comportement).
- L’information peut devenir connaissance à partir du moment où je peux lui donner sens, c'est-à-dire ou je peux la reconnaître, l’identifier, la localiser, la rattacher à une partie de mon expérience mémorisée, en l’interprétant, en analysant l’écart avec ce que j’ai déjà de similaire en mémoire.
- Enfin, une information pour l’un n’en sera pas pour l’autre : un invité dans ma maison pourra réagir à un bruit qui m’est, à moi, familier. L’information est une notion intrinsèquement subjective.

Rappelons-nous ceci : c’est au départ toujours une information, une rupture, une irrégularité, une sollicitation qui
va enclencher une démarche cognitive. A la condition que cette information ait un sens et, en situation scolaire, qu’elle ait du sens pour l’élève : qu’il puisse la rattacher à quelque chose qu’il connaisse.

3 commentaires:

Françoise YOUNSI a dit…

Je suis bien désolée d'avoir raté cette conférence. L'aperçu ici donné me paraît fort intéressant. Je veux bien l'intégrale par pdf. Merci.

JF Auvergne a dit…

Voilà qui est fait.

Françoise YOUNSI a dit…

Je te remercie